Travail forcé

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Qui construit les fortifications des Pyrénées?

Aritxulegi (Gipuzkoa). 1942. 38ème Bataillon Disciplinaire de Soldats Travailleurs.

Les Pyrénées sont fortifiées par divers types de travail forcé, soit dans des bataillons dépendant du système concentrationnaire dans le cadre de la répression politique des vaincus, soit dans des unités militaires composées de soldats conscrits qui doivent endurer un long service militaire.

Une fois la guerre terminée, les Pyrénées ont été la destination de plusieurs bataillons de travail forcé dépendant de l’Inspection des camps de concentration. En 1939, ils sont principalement composés de prisonniers de guerre qui ont été idéologiquement classés dans les camps de concentration comme “mécontents” du soi-disant “Glorieux mouvement national”. Ils sont catégorisés comme tels même si leur sympathie pour le régime est simplement douteuse.

Ces bataillons sont réorganisés en 1940 avec de jeunes combattants républicains contraints de refaire leur service militaire (sans tenir compte de celui effectué avec la République pendant la guerre) ou avec de nouvelles recrues incorporées dans le système concentrationnaire après avoir été classées comme “mécontents”. Dans les Pyrénées basco-navarraises, au moins 20 000 captifs ont travaillé dans ces bataillons entre 1939 et 1942.

 
Les chemins de la mémoire, Ángel Santesteban.

D’autre part, le nombre de soldats conscrits travaillant pour les fortifications n’est toujours pas confirmé, bien que nous sachions qu’ils étaient des milliers, surtout à partir de 1943.

En novembre 1938, Franco présente une proposition de règlement dans laquelle il explique la triple finalité du travail des prisonniers, outre “l’utilité matérielle immédiate qui découle de son exécution”:

1er “Celui de la compensation, dans la mesure du possible, de la charge occasionnée par l’entretien des prisonniers.
2ª Celle de contribuer directement ou indirectement à la réparation des dommages et des destructions perpétrés par les hordes marxistes.
3ª Celle d’obtenir la correction du prisonnier, en lui donnant les moyens et la possibilité de démontrer (…) son degré de réhabilitation morale, patriotique et sociale, en acquérant l’habitude d’une discipline profonde, d’une obéissance prompte et du respect du principe d’Autorité, précisément et très spécialement dans le travail, comme base préalable et indispensable à son adaptation à l’environnement social de la Nouvelle Espagne”.
 

Règlement provisoire du règlement intérieur des Bataillons de Travailleurs. 23 décembre 1938.

 

1940-1942. Carte des pistes et routes ouvertes pour la fortification des Pyrénées. Archivo General Militar de Ávila (AGMAV), C.3526,Cp.14.
Plan de l’organisation défensive de la Vallée de Roncal. Archivo General Militar de Ávila (AGMAV)_ODP_Caja 3521.